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Pas de transition énergétique sans les fournisseurs d’énergie

Les votations sur les révisions de la loi sur l'énergie dans les cantons de Lucerne et de Soleure montrent que la politique doit tenir compte des fournisseurs d’énergie dans la transition énergétique.

Le 10 juin, l’électorat du canton de Lucerne a adopté la loi révisée sur l’énergie à 59% des voix. Le même jour, les électeurs du canton de Soleure ont rejeté à 70% des voix la révision de la loi cantonale sur l’énergie. Il s’agissait dans les deux cantons de mettre en œuvre le MoPEC 2014. Contrairement aux Lucernois, les Soleurois ne seraient-ils donc pas en faveur de la transition énergétique, comme l’analysent certains observateurs?

La réponse à cette question est non. Les deux projets de loi présentaient une différence de taille. A Lucerne, la loi allait au fond des choses. Le Parlement y a ainsi intégré la reconnaissance du biogaz et des gaz de synthèse en tant que vecteurs énergétiques renouvelables lors d’un remplacement de chauffage. Tout comme cela avait été le cas dans le canton de Berne. La loi soleuroise prévoyait en revanche de donner carte blanche au Conseil d'Etat. Les détails n’auraient été réglés que par ordonnances. Un doute planait ainsi en particulier sur la manière dont aurait été traitée l’utilisation de biogaz et de gaz de synthèse. Par conséquent, l’opposition s’est avérée bien plus forte dans le canton de Soleure qu’à Lucerne. L’actionnaire Swisspower Regio Energie Solothurn s’est également opposé à la loi. Beaucoup ont hésité à avancer à l’aveuglette.

«Les services industriels ne peuvent pas apporter leur soutien à un projet qui reviendrait à défavoriser de manière discriminatoire le biogaz et les gaz de synthèse par rapport à d’autres énergies renouvelables.»

Il n’est donc pas pertinent de simplement qualifier la population et les fournisseurs d’énergie du canton de Soleure de rétrogrades. Les deux expériences récentes montrent plutôt que la politique doit tenir compte des fournisseurs d’énergie dans la transition énergétique. Elles devraient donc servir de leçon aux gouvernements d’autres cantons dans lesquels la mise en œuvre du MoPEC reste à réaliser: il est difficile de faire passer ce genre de révision d’un texte de loi sans le soutien des fournisseurs d’énergie locaux. En particulier, les services industriels ne peuvent pas apporter leur soutien à un projet qui reviendrait à défavoriser de manière discriminatoire le biogaz et les gaz de synthèse par rapport à d’autres énergies renouvelables.