Session d'été 2026 : la politique énergétique sous haute tension

Les débats de la session d'été ont été aussi brûlants que la météo extérieure. Parmi les dizaines d'objets traités, l'un d'entre eux a particulièrement occupé le devant de la scène : l'initiative Blackout et son contre-projet indirect visant à autoriser à nouveau la construction de centrales nucléaires. 

À l'origine du débat sur le nucléaire se trouve l'initiative Blackout. Son texte prévoit notamment l'autorisation de tous les modes de production d'énergie respectueux du climat, ainsi qu'une modification des compétences et responsabilités en matière de sécurité d'approvisionnement. Le contre-projet du Conseil fédéral, lui, se limite « simplement » à supprimer l'interdiction d'octroi d'autorisations générales inscrite dans la loi sur l'énergie nucléaire (LENu). Plus de 90 orateurs et oratrices se sont exprimés à ce sujet au seul Conseil national. Une proposition de renvoi déposée par la conseillère nationale Wismer (Le Centre, LU), demandant des clarifications approfondies sur le financement de nouvelles centrales, a généré le plus de tension : le Conseil national l'a acceptée de justesse le 15 juin par 100 voix contre 97, avant que le Conseil des États ne la rejette le lendemain par 28 voix contre 16. Ce dernier a toutefois chargé le Conseil fédéral, indépendamment du contre-projet, d'établir un rapport sur les questions de financement, attendu d'ici la fin de l'année. Le 18 juin, le Conseil national a fait volte-face et a abandonné sa demande de renvoi par 100 voix contre 98. Le contre-projet indirect a finalement été adopté, tandis que l'initiative elle-même a été clairement rejetée – seule la groupe UDC l’a soutenue. Le PS, les Verts et le PVL ont déjà annoncé le lancement d'un référendum. Celle-ci devrait probablement être soumise au vote en février 2027. En réaction, le comité d'initiative a récemment retiré l'initiative Blackout sous condition, en faveur du contre-projet. 

La révision de la loi sur les installations électriques visant à accélérer le développement des réseaux a également été examinée au Conseil des États, qui s'est notamment penché sur le principe de la ligne aérienne. Celui-ci devrait désormais être assoupli dans les zones à bâtir (voir ici le dépliant récapitulant toutes les décisions). Le dossier retourne en août à la CEATE-N. récapitulant toutes les décisions). Le dossier retourne en août à la CEATE-N. 

Par ailleurs, le Conseil national a adopté plusieurs interventions de sa commission de l'énergie : une motion visant à faciliter le soutien aux projets géothermiques, ainsi que des postulats demandant des prévisions actualisées sur la sécurité de l'approvisionnement électrique jusqu'en 2060, sur le potentiel hydroélectrique de la Suisse jusqu'en 2080, et sur le gaspillage d'énergie fossile. La première doit encore passer devant le Conseil des États ; pour les autres, le Conseil fédéral va maintenant élaborer les rapports demandés. 

Le Conseil fédéral, de son côté, a également été actif : il a adopté les messages relatifs à deux initiatives populaires contre les éoliennes (initiative pour la protection des forêts et initiative pour la protection des communes) – qu'il rejette toutes deux – et a soumis au Parlement un message demandant un crédit de 2,3 milliards de francs pour de nouvelles centrales de réserve dès 2030. 

En conclusion : la politique énergétique suisse reste en mouvement – avec, à l'horizon, une votation populaire sur le nucléaire.